18.10.2011

Variante

Univers bien triste, étroit et fermé, je m'isole pour écouter ma solitude.

 

Eveillé par le bruit des pas de mes pensées, je continue un passé, je continue un futur.

 

Le présent, contraire à toutes les promesses, tous les savoirs.

 

Le présent s'est absenté, il doit être a porté de souffle à toucher du doigt ...

 

Mais je n'y suis pas encore.

 

 

 

 

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Le coeur à l'écoute, et le regard vague à l'âme, tout autour de moi vibrant, flotte, je flotte.

Seuls mes yeux dans cet étrange monde savent répondre à la voix, en emperlant quelques larmes.

 

 

 

 

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Paisible odeur du monde.

Odeur de ce qui pourrit et germe à la fois.

Soleils, énervés dans leurs algues ...

 

 

 

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Mon corps immobile replié sur lui-même ne pouvait déranger ce sentiment céleste, pourtant si souvent en proie à mes désirs blèmes.

J'attends, j'écoute, respirant sans un geste.

Une fois, une fois, combien de fois, je n'attends pas ...

Je m'attends.

Je n'ai pas un visage, je suis tout entier visage, mais je ne sais plus si c'est tout à fait le mien, le tien et je vois de tous mes yeux, mais ce sont aussi tes yeux.

 

 

 

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Mes appels les plus fous se battent dans le noir, chuchotant quelques rêves porteurs de l'espoir.

La douleur, l'oubli qui déchirent ma mémoire, m'incitent à venir ici, un peu m'asseoir.

Peut-être que la détresse fait seulement silence.

 

 

 

 

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Dans cet univers si triste, étroit et fermé, au fil du temps, j'aime venir m'y retrouver.

Il y a de la main qui passe dans la pensée, une pensée vers une pensée ...

C'est aussi ce qui est plus moi que moi, plus toi que toi, de la main ...

Et aussi pour l'un pour l'autre, l'autre aussi de monde en monde, main en main.

 

 

 

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J'entends la mort s'énivrer des bruits de la guerre, noyer les peuples et les nations dans sa haine.

J'entends claquer les drapeaux aux vents de misère rythmant l'hymne déchirant d'ethnies qu'elle enchaîne.

J'ai mille fois oublié ...

Fait comment dire, le faire oublier ...

Comme un long jour qui traîne, amenuise aujourd'hui.

 

 

 

 

 

 

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Ainsi monte et reprend dans un saut, le sec battement butté d'un rien sillonné.

Parce que c'est dans cette variante, que je vois comment se déplie l'image et comment se dépliant il y a ...

Peut-être rien.

 

 

 

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18:03 Écrit par Jomico | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

24.03.2010

Ballade vers rien ...

" Tu sais, il faut aimer dans la vie, beaucoup ... Ne jamais avoir peur de trop aimer.

C'est ça, le courage. Ne sois jamais égoïste avec ton coeur.

S'il est rempli d'amour, alors montre-le.

Sors-le toi et montre-le au monde.

Il n'y a pas assez de coeurs courageux.

Il n'y a pas assez de mots du coeur ... "

 

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Certains ont la passion des châteaux
D'autres sont en extase devant des fleurs
Juliette est habile avec ses pinceaux
Françoise fait chanter les chiffres de l'ordinateur
Et moi ? Et bien je jongle avec les mots ...
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Au début, je croyais que Rimbaud c'était une tour. Parce qu'on dit la tour Rimbaud.
Et puis Juliette m'a raconté que Rimbaud était un poète.
Je voyais pas trop pourquoi on avait donné le nom d'un poète à ma tour.
Juliette a dit que c'était parce qu'il était connu et mort depuis longtemps.
Je lui ai demandé s'il était mort après avoir vu la tour.
Juliette a dit que non, il était mort vraiment avant.
J'ai dit que valait mieux pour lui, parce que la tour est sacrément moche et qu'il aurait eu drôlement les boules d'avoir son nom sur un truc pareil.
Juliette a dit qu'elle aimerait bien qu'on donne son nom à des machins.
Je lui ai dit que je trouvais débile d'habiter tour Juliette.
Elle m'a dit d'aller me faire foutre et que mon nom c'était pas mieux.
On a continué à parler comme ça, parce qu'il y a un paquet de poètes qui ont des choses à leur nom dans les quartiers.
Tour Verlaine, Cité Hugo, Centre d'activité Guillaume-Appolinaire.
Rue de Rivoli, c'est la défaite finale.
Et mes poumons happant l'air sous l'impact du métal, le coeur battant d'idéal révolutionnaire.
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Croyez un converti rescapé de l'errance.
Il est doux d'être là, niché entre les siens et de mettre ses pas dans les pas des anciens sur le sol dont un temps me revient la gérance.
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Avec Françoise on s'est demandé comment démarraient les choses.
Ca doit être super de dire un truc en premier qui reste pour toujours.
Moi j'aimerais bien inventer une blague ou une histoire que tout le monde raconterait.
Ecoute, me dit Françoise, saurais-tu composer une mélodie, comme le vent du nord qui chante dans le feuillage et qui fait danser les elfes au soleil de minuit !
Avec Françoise, on a essayé d'en inventer. C'était pas évident parce qu'on finissait toujours par trouver une histoire qui existe déjà.
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Moi, je voudrais du soleil, inondant l'espace de mes délires.
De la chaleur, de la lumière, des couleurs et puis des rires.
Moi, je voudrais du plaisir, à engendrer et découvrir, de la folie et de l'extrême ...
C'est pas que je voudrais vous raconter ma vie, mais il faut quand même que je vous dise :
Je suis comme un funambule qui se déambule sur le fil du temps, comme un noctambule qui conciliabule exagérément, comme un importun qui souvent porte un sourire amusé, comme un arlequin qui se décolore sans désabuser ...
Mais, moi après moi et mois après mois ... Je suis toujours moi.
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Route calme des nuages qui s'en vont vers la mer.
Ca faisait cinq minutes que je marchais le long de la voie ferrée.
Il n'y a plus de trains qui passent depuis longtemps ...
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... En traversant les rails, j'ai quand même jeté un coup d'oeil à gauche et à droite au cas où un train arriverait, ensuite j'ai sauté une barrière un peu plus petite que moi ...
Puis sonnent les cloches de Charleville et frissonnent les pins d'argiles.
Je passe furtivement et m'égare aux songes blêmes tombant de Charybde en Scylla, mon ombre s'écarte, les quais et wagons, en illuminations excentriques, imprégnés du parfum âcre des délires, semblent regorger de poèmes alchimiques ...
" J'aime le désert, les vergers brûlés, les boutiques fanées, les boissons tiédies.
Je me traîne dans les ruelles puantes et, les yeux fermés, je m'offre au soleil ...
Enfin, bonheur, raison, j'écarte du ciel l'azur, qui est du noir, et je vis l'étincelle de la lumière.
De joie, je prends une expression bouffonne et égarée au possible ..."
J'ai  retrouvé Juliette et Françoise ...
On a marché un peu dans la rue.
La plus belle ballade de ma vie si vous voyez ce que je veux dire ...
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10:26 Écrit par Jomico | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

30.11.2009

J'écris parce que personne m'écoute ...

Pour ne pas trahir mes souvenirs d'enfance, je voudrais relier l'attente des lettres du facteur à celle des lettres et des mots inscrits dans les livres.

 

 

J'adorais me lever tôt. C'était sans doute pour avoir le privilège de prendre mon petit déjeuner en face d'un ciel de marbre jaspé de topazze et d'azur ou de voir le voile d'un nuage baigner de douceur. Souvenir d'un soleil de janvier qui voulait nier l'hiver et se voudrait déjà aux portes du printemps, effilant ses rayons en cheveux de lumière où un souffle léger venait jouer doucement.

 

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 Le facteur harmonisait le rythme de mes journées d'enfant, comme il continue de le faire depuis lors, jour après jour.

Ah ! Espérer une lettre, un signe ! Recevoir une réponse de l'autre, qui n'est destinée qu'à moi-même, et dont je pourrai garder la trace éternellement ! Oui, toute ma vie a été rythmée, jalonnée, par des correspondances, exceptionnelles, et que je veux conserver.

L'écriture reflète la personnalité d'un individu, sa volonté, son exigence morale, sa force d'âme, son sens des responsabilités. Une écriture porte une marque, une signature.

 

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C'était une fin d'après-midi d'hiver où il faisait froid. Je n'arrivais pas à me réchauffer, il devait faire 15° C à peine. Ces derniers jours avaient été durs. Toujours le manque de fric, les échéances, de plus en plus difficiles à supporter.

Comment suis-je arrivé là, après cette étrange vie que j'ai mené, sans étonnement, même dans les situations les plus insolites, les plus imprévisibles. J'ai tout accepté, comme une chose nécessaire. J'étais toujours tellement disponible, prêt à saisir tous les prétextes, toutes les aventures. Je n'avais pas laissé passer une seule chance de changement. Alors cette fatigue soudaine, c'est peut-être une chose normale, qui devait venir lentement, un jour ou l'autre, parce qu'il faut bien s'arrêter de marcher, à un moment quelconque. Je ne suis pas vaincu. Le marbre blanc de la table, le coussin de la chaise, ont peur d'échanger leur couleur, et une vieille dame  va mourir dans le couloir derrière moi, dans un écroulement de soie noire et satinée, quelques mèches de cheveux lisses tirés en arrière, dans un chignon en torsade.

 

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La difficulté que j'ai de me rappeler les histoires, arrivées à moi-même, m'empêche d'y croire, de retrouver leur présence. Je suis né d'aujourd'hui, si l'on peut dire, mais les miroirs accusent déjà bien grande vieillesse, en même temps que les hommes souffrent déjà moins physiquement après une longue course. Comment me retrouver, au milieu de quel chemin.
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J'appuie ma tête contre la chaise et j'attends. Je regarde à travers la fente du dossier, et rien ne bouge plus. Les gestes refaits, qu'il nous est permis de refaire. Mais aussi, enlever le cheveu, le long de mon nez, tombé. Impossibilité. Contrainte, obligation. Tout se transforme, la chaise, la rue,  la ville, le soleil.
Mais l'autre est toujours là, derrière la serrure, depuis le début. Il me voit fermer les yeux ...
Le soleil disparaît, et dans la poussière en suspens s'amenuisent petit à petit les dimensions, jusqu'au ras du sol, où finalement ne reste plus qu'une ombre légère, insignifiante. Et la nouvelle mort promise, dans le vieux monde, la chambre, le soleil.
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J'écris parce que personne m'écoute ... Devant la page blanche j'éprouve un vertige, l'écriture naissante me précipite dans un mouvement spontané, incompréhensible et troublant, celui du sens qui prend forme et consistance sur la page, mes mots ont besoin de voyager, de partir ...
On écrit parce que personne écoute.
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 Création Art' e mi do re

http://artemidore.madeinbuzz.com 

 

 

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16:24 Écrit par Jomico | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

24.04.2009

Chapeau Chinois

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Ecriture   

 

 

Rappelez-vous ...

La plume devait monter, lentement, monter ...

Monter encore, en prenant garde de ne pas se laisser piéger dans les fibres du papier.

Sinon, c'était l'accident, la feuille transpercée et le pâté assuré.

Mais si l'ascension avait été correctement négociée,

après un virage effectué en tirant la langue,

c'était enfin la joie de la glisse,

le coeur léger et la main lourde sur la plume qui descendait tout schuss ...

Ah, la magie des pleins et des déliés qui s'enchaînaient,

des mots et des phrases qui surgissaient miraculeusement de la main courant sur la feuille !

Ecrire sur l'écriture, quand on est un usager multiforme,

et couvert de cicatrices ?

Autant demander à Escartefigue,

Capitaine du ferry-boat marseillais,

ce qu'il pense de l'eau

ou au dromadaire de Ghardaïa ce qu'il pense du sable.

L'écriture est à la fois ce qui arrête, et fixe ; et ce qui bouge, et promet.

Mais l'écriture chinoise est là, si noble et si charnelle, vivace, appelant le génie.

Est-elle promise à devenir ce mode d'expression universel dont on peut rêver.

Après tout, les écoles chinoises utilisent notre alphabet pour des tâches bien précises,

comme la rééducation des muets.

Peut-on rêver d'un concubinage planétaire entre l'empire des signes d'Extrême-Asie

et le royaume des sons d'Occident ?

Trêve de divagation.

Il nous faut faire notre miel, ou notre fiel, d'un système dont la sécheresse plastique n'a brimé ni le théâtre elisabéthain,

ni le roman russe, ni Mallarmé.

Système maigre mais non impropre à la multiplicité du génie,

qui fait, de quelques signes, le feu ou la glace.

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" Au seul souci de voyager "
Outre une Inde splendide et trouble
- Ce salut soit le messager
Du temps, cap que ta poupe double
Comme sur quelque vergue bas
Plongeante avec la caravelle
Ecumait toujours en ébats
Un oiseau d'annonce nouvelle
Qui criait monotonement
Sans que la barre ne varie
Un inutile gisement
Nuit, désespoir et pierrerie
Par son chant reflété jusqu'au
Sourire du pâle Vasco. "
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Stéphane Mallarmé
(1842-1898)
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Partir ...
Comme l'oiselle émigre
Vers l'encre de Chine
Lavis délié
Des gris des noirs
De rouges marchés flottant au milieu
Des pagodes bouclées
Des ombres Chinoises
Théâtrales !
Et partout dans les rues jaunes
Des songs, des mings tout-à-zimuts
Vélos, volés lovés
En nuit câline
Et chinez ! Chinez !
Je sous-entends là ...
Dans des soies-laques-épices
Ou bien ...
Dans la forme évasée aux bras d'anse
Des chinoiseries ? ...
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... Ce n'est pas dans le champ où elle s'exerce information poésie épique, roman ou essai, que se diversifie l'écriture, mais par le seul tempérament esthétique de l'usager.
L'essai ?
Il suffit d'écrire le mot pour reconnaître qu'il peut ouvrir la voie à l'invention formelle la plus libératrice.
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Agréable sauvagerie de l'esprit
Loin des exigences immédiates
Assassine les rêves les plus précieux
Invente et réinvente le monde
Nuageuses, les pensées le sont
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09:49 Écrit par Jomico | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

23.02.2009

Mon rêve familier

 

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Quand j'étais petit garçon, le visage d'une femme apparaissait à mon réveil ...
Elle me regardait avec tendresse.
J'en garde encore le souvenir, elle me manque ...
Le germe de l'humanité réside dans le désir d'une mère.
La mère est tout dans la vie.
Elle est la consolation dans notre tristesse, l'espoir dans notre détresse, la force dans notre faiblesse.
Elle est la source de la compassion, elle est l'amour et grâce.
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Celui qui perd sa mère perd un sein où poser la tête, une main qui le bénit, un regard qui le protège.
La future mère soupire après la vie afin de mettre au monde l'enfant-offrande à la mère vie !
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Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.
Car elle me comprend, et mon coeur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.
Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la vie exila.
Son regard est pareil au regard des statues.
Et, pour sa voix lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.
(Poèmes Saturniens)
Paul Verlaine
(1844 - 1896)
" Mon rêve familier "
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... Sa longue chevelure noire se déploie sur ses épaules
Noire comme la nuit aveugle à l'heure de la séparation ...
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De l'aimer je croyais en des rêves charmants.
Je croyais qu'entre nous rien d'autre existait
De vouloir découvrir un plaisir inconnu ...
Supprimer les caresses le jour où je finis par la prendre ...
Je la prenait directement, elle éprouvait plus de plaisir !
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Un instant, un effleurement de tendresse !
Un moment de plaisir ...
Juste un instant, sur l'épaule du rêve ...
Elle m'a soufflé les mots qui allègent mes larmes
(Et la lumière écarlate des heures qui me sourient)
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10:17 Écrit par Jomico | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

24.01.2009

Circonstances atténuantes

 

Il me faut un fusil pour trucider l'hiver

Avec un canon bleu, la crosse peinte en vert

 

 

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Toi, tu sauras que ce n'est pas le froid

Qui déchaîne un cri pareil à cette heure

Moins lamentable sera son effroi

Tu connais les fièvres intérieures

Les désirs qui brûlent jusqu'à vous tordre

Le ventre en deux, dans un spasme impuissant

Et tu diras que ce cri d'innocent

C'est l'appel d'un fauve qui voudrait mordre ...

 

 

 

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Les paradis n'existent pas
Et les passages qui y conduisent
Sont clairsemés
De plumes carnivores
Et d'oiseaux-reptiles
Couverts d'épines emprisonnées
Ceinture de vapeur
Multitude assouplie
Diviseurs de la crainte
Touchez ma renaissance
Parfois de ma durée
Je renonce à l'assistance de ma largeur vénielle
J'entrave la primeur des survies
J'évoque la nage sur l'ombre de sa présence
Mes chemins couleur de terre
Et de poussière
Couleur de craie à midi
Mes chemins d'hier
Aujourd'hui retrouvés
Entre des maisons de torchis
La gloire du soleil
Blesse le ciel chauffé à blanc
Cordes vocales coupées
Un chien prisonnier hurle à la mort
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Le corps désert
Hostile à son mélange
Hier est revenu parlant noir
Déclin
Ne te ravise pas tombe ta massue de transes
Aigre sommeil
Le décolleté diminue les ossements de ton exil
Risée de la nuit
Arrête ce charroi lugubre
Des voix vitreuses
De départs lapidés
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Vous souvenez-vous de ces jours affligés
Voilés de non-dits et ivres de silences
Vous mêliez souvent à la terre impure
Et à la rousse humeur de la plaie qui taraude
Vous pleuriez nuit et jour des larmes amères
Que le temps impudique effaçait
Obstiné
Le jour devient vague
L'ombre de mon fauteuil sur le plafond divague
C'est l'heure si tranquille où la vitre bleuit
S'imprègne de la nuit frileuse de névrose
Entre mes doigts le familier point rouge luit
Et souple, la fumée en long fil bleu s'étire ...
Je savoure la volupté de ne rien dire

18:03 Écrit par Jomico | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

18.12.2008

Fluidité des Sens

 

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Ce soir, je serai tel dans une oeuvre picturale
Attiré dans tous les sens par les lignes de fuite
Je disparaîtrai du physique et du mental
Dans une odeur de légèreté magique !
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Dans le coeur sombre de la grotte de chair
Le germe d'amour aspire à la lumière
Anxieux d'affronter l'air
Douloureuse évasion !
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Balloté par les vagues dans les flots furieux
Supportant nuit et jour la colère des cieux
Je vis dans un univers de glace
Et je ne vis que dans la nuit
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Des jours sont passés
A m'interroger
Sur mon coeur envoûté
Par ton sourire de fée
En mon âge des regrets
De n'avoir pas osé
En mon âge la rancoeur
Qu'un autre réchauffe ton coeur
Quand l'autrui et l'armée
Se sont interposés
Entre nos âmes et nos corps
Sous mes pieds se sont déchirés
Les projets, les désirs, la tendresse, les diables au corps
J'ai plus que jamais en mon âme conscience
Envie de déclarer mon amour naissant
De déclarer, ma chair, mon sang
Toi ton nom, mon existence
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Domination du temps, de l'être, des nuages
Maître de l'espace, du pur, de l'infini
Et tant de beautés qui font écrire une page
Mélodie de l'éternel !
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Rêve conscient de l'inconscient
Rien n'est alors plus fort que l'émotion présente
Celle qui naît au firmament
Et ne prend deuil qu'à la nuit venante
Alors, à pas de velours
A regards encore éblouis
S'éteignent les projecteurs du toujours
Pour l'acteur qui vient de quitter la scène du théâtre de la vie ...
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Création Art' E mi dore
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19:36 Écrit par Jomico | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

19.10.2008

Arabesques

 

J'oublie le passé, j'oublie le présent ...

J'ai pris sur ta main le baiser d'une étoile

Comme on prend à la fleur sa délicate odeur 

 

 

 

 

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Je suis comme un bateau ivre
Tout m'échappe, je n'ai plus de repères
Dans tout ce noir, il n'y a que tristesse

 

 

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L'ombre de ton corps   
Dessine sur les murs
Les yeux des miradors
Les plus libres injures
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Je voudrai retenir l'illusion trop brève
Parfum énervant, couleur de la chair
La vierge au blanc visage est cette rose blanche
Parfum subtil, si doux à respirer
Rôde longtemps encore et prolonge le rêve
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Le rêve qui complète la réalité
L'art de rêver même quand on sait qu'il est trop tard
Oublier que le temps passe
Se raconter l'accomplissement d'un monde que l'on sait raté
S'inventer une autre étoile
Sur un atome du monde laisser se développer un autre monde
Allumer les étoiles par un espoir
Inventer un rêve pour ceux qui ne savent pas rêver
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19:20 Écrit par Jomico | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

22.05.2008

Le temps d'un espace ...

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Angoisse infâme innondant mon âme, ma vie reste le bruit d'une profonde agonie ...

Le temps aura-t-il le temps

Le temps cessera-t-il

Au printemps

En avril ?

Cercueils ambulants crucifiés rampants, il n'y a plus de lune, de soleil, il n'y a plus de souffle dans l'air ...

Aurons-nous le temps de vivre

Avant de dire

Il est trop tard

On part

 

 

 

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" J'ai pensé à ces trois heures
Lorsque le faux amour et celle
Dont je suis encore amoureux
Heurtant leurs ombres infidèles
Me rendirent si malheureux
Regrets sur quoi l'enfer se fonde
Qu'un ciel d'oubli s'ouvre à mes voeux
Pour son baiser les rois du monde
Seraient morts les pauvres fameux
Pour elle eussent vendu leur ombre
J'ai hiverné dans mon passé
Revienne les soleils de Pâques
Pour chauffer un coeur plus glacé
Que les quarante de Sébaste
Moins que ma vie martyrisés
Mon beau navire ô ma mémoire
Avons-nous assez navigué
Dans une onde mauvaise à boire
Avons-nous assez divagué
De la belle aube au triste soir
Adieu faux amour confondu
Avec la femme qui s'éloigne
Avec celle que j'ai perdue
L'année dernière en Allemagne
Et que je ne reverrai plus
Voie lactée ô soeur lumineuse
Des blancs ruisseaux de Chanaan
Et des corps blancs des amoureuses
Nageurs morts suivrons-nous d'ahan
Ton cours vers d'autres nébuleuses
Je me souviens d'une autre année
C'était l'aube d'un jour d'avril
J'ai chanté ma joie bien aimée
Chanté l'amour à voix virile
Au moment d'amour de l'année ... "
Guillaume Apollinaire   "Alcools"  (extrait)

 

 

 

 

" Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin
De venir dans ma chambre un peu chaque matin
Je l'attendais ainsi qu'un rayon qu'on espère
Elle aimait les fleurs, les astres, les prés verts
Et c'était un esprit avant d'être une femme
Son regard reflétait la clarté de son âme ... "
Victor Hugo  "Les Contemplations"  (extrait)
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Derrière les espaces qui tournent et les mondes qui tremblent
Je sens encore ta main effleurer mon visage
Pour sécher quelques larmes arrachées aux regrets
Mais le regret s'installe et les ombres s'allongent
Sur les plis de ma vie, où elles vont mourir

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02.03.2008

A l'éternel errance ...

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Le vertige, ivresse qui éternellement semé par nos soupirs de rêveries, épongés par nos âmes hagardes sur un simple choc devient un tourbillon de noce.

 

Alors l'ivresse, délire d'une mer de grains, tisse dans son errance sans limite, la lumière de nos désirs cachés et s'étale sur nos corps comme un manteau.

 

L'éveil de notre ivresse brûlera le vent !

 

Enflammera la tempête de nos coeurs et nos âmes au son du big-bang, deviendront l'univers d'une nouvelle d'une poésie où le soleil de nos pensées, ainsi l'amour brûlera à jamais à travers les astres.

 

Eternel inconnu d'univers infini qui règne en seigneur sur l'ensemble des choses, l'homme te cherche tout au long de sa vie, ignorant à jamais le lieu où tu reposes ...

 

Ne serais-tu, en fait, qu'une ombre de chimère que les êtres s'efforcent de trouver dans ce gouffre de doutes qui ne peut exister.

 

L'amour des hommes est devenu démence, nos yeux sont des fleuves où se noie le mal ...

 

Le temps s'est brisé, là où la nuit reste jour, où mon âme s'est blessée.

 

Pourquoi tout se fade, pourquoi mon coeur saigne

 

Univers étrange ...

 

 

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Sépultures

 

 

La nuit a prit place, elle a emporté toute clarté, déchirée et écartelées, la mort s'est faite lasse

Elle est venue chienne battue, elle t'a abattu, elle qui était nue

Elle t'a noyé dans ses bras, elle t'a enfourché dans ses ébats

C'est elle qui t'a vu, c'est elle qui t'a tue

Et d'un rire moqueur, dans sa dernière ardeur, elle t'a craché son litre de rancoeur

 

 

 

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24.12.2007

Puis le monde ...

 

 

Puis le monde, a fait encore un tour, tour, tour ...

J'ai cru qu'il était le même, j'ai cru que j'étais le même, mais mon sommeil est ma veille comme avant.

Mes mots sont mon visage, mes yeux, ma bouche, tout ce qui m'entend et les autres l'entendent ...

Alors ce qui change compte si peu qui sait même, si personne l'a vu si, moi-même j'en ai rien su.

Maintenant je suis chaque autre, moi et toi, lui elle et lui ...

Je suis le recommencement, au monde ... L'inconnu n'est pas demain c'est ce que hier fera de demain.

 

J'écris, j'écris et mes doigts saignent des mots ...

 

J'ai mille fois oublié ...

Fait, et comment dire le faire est oublier.

 

Un long jour rêche en bande traîne et amenuise aujourd'hui ...

Parce que c'est dans cet écart, que je vois comment se déplie l'image et comment se dépliant il y a ...

Peut-être rien.

 

 

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Je rêve un peu plus

Lorsque la mer et le vent

Lorsque les vagues n'ont plus

L'espoir de voir le temps

 

" L'amour envahit notre espace

Le bonheur, ne courez pas après

Il est là, tout près

Mais il aime s'éloigner

Pour revenir par poignées.

Pour le reconnaître, ce peut-être

Un petit rien ... "

 

 

 

 

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19:00 Écrit par Jomico | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

07.11.2007

L'éveil d'Artémidore ...

 

 

Perdu au milieu de nulle part, je regarde et nul je vois ... Brouillard et clarté se mêlent. Je touche mais ne sens rien ... Calme et silence, cela je l'entends, je frissonne. Pas de vent même pas de brise ... Me voilà sans repère de temps ni de lieu. Les yeux perdus dans le vague, quel est ce tourment qui m'anime. Je me débats et rien n'arrive. Alors je me laisse glisser et dériver, vers les rives de l'oubli ...

Visions ... Océan de tristesse et oublier l'allégresse ... Amour éphémère, il n'est plus que poussière. Aux reflets anonymes, aux goût d'amertumes, perdu ... Perdu dans l'infini, derrière un mur de verdure. Dans le silence de la nuit, dans la nuit de ce silence, sans lueurs et sans bruits ... Immensité du désespoir, lassé par la bataille contre les flots ... L'eau dessèche les rêves, retrécissement universel ...

Pensées naissantes, désirs insensés, portes fermées ... Solitude immense, immense comme la mer qui étale jusqu'à l'infini la langueur ... Le soleil peu à peu s'éteint dans son cercle de feu ...

Tout est noir.

 

 

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Dans le silence  de l'obscurité, une danse. Une sombre cruauté. Dans ce mince intervalle entre nos mondes, ils entrent, avec les esprits, dans leur ronde. Dans cette sombre et étroite ruelle, ces soirs dans nos mémoires immortels, ces démons, de leurs écarlates dents, massacrent, se rassasient dans le sang. Ces démons, ces terribles hommes noirs, traversent, la nuit venue, notre miroir, cette extrême limite entre deux vies. De l'autre côté, ils se réfugient ... Ils déguisent leurs plumes et l'envie en ombres sibyllines, vampires aux corps frêles ... Démons, nixes amers, satyres, esprits farceurs, qui de l'ostensoir fixent l'ondée de nos heures ...

Combien d'éperviers dans mes mains cherchent leur proie aux carrefours litigieux, lentement, je dévie, pour connaître ton nom dans la ronde du temps ivre. Tu dis que c'est dans les blessures que l'on puise toute inspiration, dans les brûlures que nous poursuivent et dans l'enfer des passions. Tu dis que c'est dans le silence que le désert s'est transformé, dans la cruauté de l'errance que se dessine la vérité ...

Ma souffrance s'égare dans ces gouffres édentés. Râle, et se tortille à la recherche d'une cime ...

Cette nuit, j'ai rêvé et j'ai compris. J'ai franchi la frontière de l'oubli ... Et moi, j'ai vu planer ces entités, planer et veiller, dans l'obscurité et la démesure lorsqu'elle me guide, au seuil des portes de l'absolu qui me murmure : " Viens dans mon antre, loin des escortes." 

 

 

 

 

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10:05 Écrit par Jomico | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

10.09.2006

Vague à l'âme ...

 

Au début était le chaos d'une matière noire, sans forme, l'encre pilée, inerte. Puis vint l'émergence d'un trait unique, séparant sur la page l'idéal du ciel peuplé par les mortels et le monde de la terre, rempli d'hommes et de femmes, essayant par leurs souffles courts de tracer avec leurs corps les idéogrammes d'une organisation toute transitoire , qui de façon inéluctable les conduit au terme de leurs brèves vies.

J'ai toujours fonctionné avec les mots et j'ai toujours dit mes mots d'une façon passionnée. Cela peut choquer ou gêner l'interlocuteur mais je ne fais pas exprès. Tourner sa langue plusieurs fois dans sa bouche avant de prononcer un mot ... Il s'agit là d'une rétention du langage. Je n'ai pas cette schizophrénie. Dommage, peut-être.

Il m'a toujours semblé que parler ou écrire c'est exprimer. C'est-à-dire se tordre, s'essorer. C'est aussi s'impliquer dans la passion. J'ai toujours combiné les mots de telle manière que de leur combinaison naisse une image, une impression profonde, une émotion pure, et, surtout, une conscience émue et mouvementée du monde. Mais il est vrai que les mots nous échappent quelque peu dans la mesure où ils ont plusieurs sens. Ils sont glissants, instables et fuyants. Chaque combinaison leur donne une succession de sens, une accumulation d'interprétations, une superposition de malentendus.

Voir les oiseaux se lever, lever leurs yeux et se mouvoir le buste tendu vers le haut entre les anneaux de leurs ailes. Une césure coulissant par le jour effrite le rayon dont le sens se vide. Oiseau sans épaules, sans remparts et sans voiles, épandage en son écheveau aux flots reversés des anses. Voilures pâles, liens solides et impitoyables engoncés dans le rêve saisi. Répandu en exhalaisons, écorchées par les yeux ... C'est pour cela que je suis souvent trahi par les mots. Ils me devancent constamment d'une façon définitive. Irrattrapable. Au fond les mots brouillent le sens du monde. Ils le dévoient parce qu'ils sont sournois, malléables et poreux. Ils s'effritent très facilement dans ma bouche.

Chercher ses mots ... Je ne les cherche pas. Ils m'habitent. Me squattent même. Me laissent perplexe. J'ai remarqué que la littérature y trouve son compte parce qu'elle dévoile le monde à travers les jeux de mots, les néologismes, les glissements de sens et les transferts furtifs de la signification dogmatique. Elle contourne les syllogismes et détruit les stéréotypes et les clichés, mais elle fraye aussi avec les pléonasmes.

Comme une courbe nonchalante de la trace qui s'imprègne au fusain, de débords chauds et caracolés. La toile échauffe la palette, aspire et imprègne la fusion occulte du charnel et du diapré. Inspiration qui pénètre dans la page, effleure la soie d'une émouvante vibration aux ardeurs confuses, force l'élan magique où se consume l'émoi et s'empâte, et s'étire aux commissures diffuses. Reine d'espace où palpitent la moire et l'orage, elle fond dans l'insaisissable torpeur de l'artiste, happe le voile ondoyant d'un diaphane équipage, traverse fibre et fusion d'un élan fataliste. Aguerrie d'une osmose où palpitent les sirènes, d'un cortège hétéroclite et fort savoureux, elle ondoie entre page et plume, comme une murène se jouant de l'éperdu transi amoureux.

 

 

 

 

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J'ai commencé à réciter des poèmes ... A lire les journaux bien avant d'aller à l'école primaire. Je fus renvoyé plusieurs fois pour indiscipline. Il me semblait que j'avais pour seule mission, durant ma vie scolaire, de ridiculiser les professeurs et les programmes. Tout était trop facile et stupide à mes yeux. J'avais le sentiment d'être un singe savant. A treize ans, j'étais arrivé à mépriser tout ce qui m'entourait, à me couper peu à peu de mes amis, à m'affubler d'un caractère solitaire et excentrique qui vous fait qualifier d'individu bizarre. Je devenais malheureux, morne, misérable, découragé. Seul un changement radical de milieu semblait capable de mettre fin à cette attitude permanente. Mes premières escapades furent toujours catastrophiques. De gré ou de force, je revenais toujours à la maison, le désespoir au coeur. Il semblait n'y avoir aucune issue, ni l'occasion d'une délivrance. Je n'adonnais aux tâches les plus saugrenues, bref à tout ce à quoi j'étais inapte. J'avais ce désir, lorsque je m'échappais de chez moi, de mener une vie de plein air, de ne plus ouvrir un livre, de vivre de mes mains.

Cependant mon langage et mes idées ne cessaient de me trahir. Capable pourtant de fréquenter la plupart des gens, surtout l'homme du peuple, je devenais toujours suspect. Quelque fois, il me semblait que tout ce qui constituait la vie et en découlait m'était défendu. Naturellement, j'étais coupable des plus violents réquisitoires.

J'étais dénué de principe, de loyauté, de toute règle de vie ; quand ça me chantait, je pouvais manquer tout à fait de scrupules envers mes amis comme avec mes ennemis. Torts et insultes payaient généralement les bontés que l'on avait pour moi.

J'étais insolent, arrogant, intolérant avec de violents partis pris, et d'une obstination impitoyable. Pourtant on m'appréciait beaucoup, le charme et l'enthousiasme que je dispensais paraissaient me faire pardonner volontiers mes défauts. Mais cela ne servait qu'à m'inciter à prendre davantage de libertés. Souvent, je me demandais comment je réussissais  à m'en tirer ainsi. Les gens que je prenais le plus de plaisir à insulter et à léser étaient ceux qui se croyaient supérieurs à moi d'une façon ou d'une autre.

Au demeurant, j'étais ce qu'on peut appeler un bon garçon ; d'un naturel tendre, joyeux, j'avais le coeur sur la main. Mais rapidement je fus possédé du démon de la révolte. Dès l'enfance, je fus amoureux de la musique des mots, de leur magie, de leur pouvoir d'incantation. Souvent je m'enivrais de mots, pour ainsi dire. J'étais capable d'inventer indéfiniment au risque d'entraîner mon auditoire à la limite de l'hystérie. Tout enfant, je me suis donné à Dieu ; jeune homme, je me suis donné au monde. Dans les deux cas, je compris que j'avais été abusé et trahi. Mais les difficultés réelles m'apparurent à partir du moment où je commençais à gagner ma vie. Tous mes talents, aussi nombreux soient-ils, me paraissaient inutiles. Insistant, en dépit de tous mes échecs.

Voilà ce que l'on trouve au fond du verre, j'étais comme un homme assis sur les ruines d'une maison où il a passé son enfance ; il regarde pousser l'herbe sur les souvenirs de sa vie, et des corbeaux battent de l'aile autour de lui ...

Les jours passent, je n'écris rien. Je n'ai pratiquement pas touché au paquet de feuilles blanches qui me terrorisent de jour en jour. J'allume une cigarette avant d'avoir fini la précédente. Suis-je fait pour écrire ? Quand suis-je passé du désir au délire ? J'ai beau me mortifier pour connaître l'illumination, rien ne sort. C'est à devenir fou. Je vais finir comme Artaud. Mais un Antonin parmi tous les Antonin anonymes qui n'ont jamais écrit.

 

 

 

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Où est la vraie vie ?

Tenter, bien au contraire, de revivre par l'intérieur au lieu de n'en considérer que les dehors (c'est-à-dire : soi-même l'examinant du dehors) chose que l'on regarde en se donnant au besoin les gants de quelque commisération si l'on tient à montrer qu'on n'est point tout à fait insensible.

Il n'est question de fourrer à son tour benoîtement les pattes dans une vie : le choix d'elle même, comme le fait tout individu originellement et d'instant en instant, l'aventure d'une liberté, retracée dans la mesure nécessairement conjecturable où elle peut-être comme d'une autre liberté. Une expérience constante d'une imprévisibilité explosive que rien ne peut endiguer.

Nous sommes posés là sur du blanc, à divers degrés, du gris, du noir. On entend des bruits du jour qui viennent nous écorcher. Pris dans les cris, le vacarme qui possède, aspiré, glissé, dans les rouages. Là déjà on commence à résister, mais pouvoir ne pas partir ainsi, se laisser emporter malaxer, rien contre ça. Rassembler tout l'humide sur le bord pour couler davantage, éviter l'érosion, je rassemble en surface tout ce qui craint le moins. Mais on ne sait jamais, se tromper sur la solidité souvent, toujours irréparable, tant de chutes, tant de pieux qui attendent pour empaler, ouvrir. 

La brise m'enlace, mes paroles errent ... Je n'ouvre plus de livres et ne ferme plus de portes, mémoire dénudée par la violence du temps. Contre point de la dysharmonie terrestre, les routes, chemins ou pistes colportent l'histoire de la non-fin et du non-commencement. Je veux tendre ma main vers le vide : d'autres mains s'y perdent ... Les rues vomissent les autos les bruits et les images sans comprendre, surtout sans ce désir jamais de comprendre ... Les portes se referment sur la fraîcheur des appartements autour du plat que l'on partage à table dans le mutisme et sur l'écran les satisfaits gesticulent privés du son de leur parole. Avant d'assouvir le torrent de sottises dans le bruit de paroles parler désormais dans ce monde c'est imposer dans le bruit sans entendre sans écouter seul avec l'horreur de soi et l'horreur dans la nuit.

... Mais le monde bouge à son propre rythme, inflexible, imperturbable et nous bougeons avec lui. Nous naissons. Et avec le temps nous devenons jeunes, nous croyons tout savoir, être intelligents, géniaux, des sages même, alors qu'en réalité nous ne sommes que niais, stupides, vaniteux et couillons. Nous sommes de passage dans la vie et malgré tout, nous la connaissons à peine ... Les années chavirent comme l'encre des poulpes, si la mer retient son souffle, le soir l'apprivoise. Ciel et fleuves s'encouragent, naître est leur amitié. Une brusque nage me traverse, mais pour quelle liberté ? A l'approche du point d'eau, vivre comme si tout était accompli, c'est peut-être là une règle sûre ...

 

 

 

 

11:25 Écrit par Jomico | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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